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Du vin nouveau à la mise en
bouteille,
l'élevage des vins |
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L'élevage, c'est quoi ? |
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L'élevage est
l'ensemble des soins apportés au vin nouveau pour lui
permettre de s'épanouir et de devenir un vin de qualité.
L'élevage se termine par la mise en bouteilles.
Après la deuxième fermentation (malolactique), le travail
de vinification est pratiquement terminé. A ce stade, le
vigneron dispose de différentes cuves de vin monocépage.
Chaque cuve représente un terroir, une parcelle.
L'élevage de
ces vins commence en novembre, que le vin nouveau soit
déjà assemblé ou non.
On distingue
l'élevage classique en cuves et l'élevage traditionnel
bordelais en barriques. Cuve ou barrique, il n'y a aucune
obligation dans le cadre de l'AOC.
Elevage classique
Il se fait
dans des cuves et dure en moyenne 18 mois à Bordeaux avec
des soutirages tous les deux ou trois mois pour éliminer
les lies (dépôts de levures). Si le vin est léger, il vaut
mieux élever en cuve, plus de fruits.
Elevage traditionnel bordelais
Le vin nouveau
est mis dans des barriques (barrique bordelaise de 225
litres, soit 300 bouteilles). L'élevage en barrique
présente des avantages. La barrique est un petit
contenant, l’affinage se fait plus facilement, les lies
arrivent plus vite. Le chêne français, bois légèrement
poreux, permet une oxygénation douce et ménagée, une
aération qui ne se produit pas dans une cuve. Le bois
apporte des arômes, plus la barrique est neuve, plus il y
a d’arômes apportés. Il ne faut cependant pas que le vin
devienne une "tisane" de bois. L'enrichissement aromatique
est bénéfique mais trop de tanins secs assèchent le vin.
En moyenne à Bordeaux, la règle des tiers est appliquée,
1/3 en barriques neuves, 1/3 en barriques d'un an, 1/3 en
barriques de deux ans. Le prix de la barrique est un
élément significatif du coût d'élevage du vin.
Il y a des
terroirs de bois, et différents tonneliers. Un même vin
dans des barriques de tonneliers différents donne des vins
différents.
La mention
"vin élevé en fûts" sur l'étiquette d'une bouteille,
suppose au moins six mois en barriques. Cela indique une
note boisée. |
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Quelle
est la durée de l'élevage ? |
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En moyenne à
Bordeaux, la durée de l'élevage est de 18 mois après la
récolte. Il dure jusqu'en mars-juin de la deuxième année
suivant celle de la récolte.
On dit
à Bordeaux qu'il est bon que le vin ait un deuxième hiver
pour avoir un bon affinage. |
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Qu'est-ce qui
se passe pendant l'élevage ?
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Pendant la
période d'élevage, le vin subit des transformations
biochimiques lentes et complexes. La couleur se stabilise.
Les potentialités de développement et de vieillissement
ultérieur en bouteilles, s'expriment. La dégustation
permet de suivre l'évolution au cours de l'élevage. |
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L'assemblage,
c'est quoi ? |
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L’assemblage
est une des particularités des vins de Bordeaux. Ils
proviennent d’un assemblage de vins de plusieurs cépages.
En Bourgogne, les vins sont du type monocépage (pinot noir
pour les rouges, chardonnay pour les blancs).
L’assemblage
permet aux vins de profiter des qualités complémentaires
des différents cépages. Les parcelles sont traitées
séparément.
L'assemblage
peut avoir lieu après la vinification ou après l'élevage
avant la mise en bouteilles.
L'assemblage
est un grand moment de la vie d'un cru. Le vin est
extrêmement personnel. Le maître de chai, le propriétaire,
l’œnologue, goûtent toutes les cuves, sélectionnent les
meilleures pour faire le premier vin. Les grandes années,
pratiquement tous les lots sont bons. Les petites années,
les grands crus ne gardent que les bons lots pour le
premier vin. Les lots estimés moins bons font le second
vin. Tous les crus n’ont pas un second vin. Les lots qui
restent peuvent être vendus en vrac à des négociants.
Les vins de
presse, qui ont été élevés séparément, peuvent être
réintroduits à l'occasion de l'assemblage.
Il est à noter
qu'un Château n'assemble que ses propres vins. Les
coopératives et les négociants assemblent des vins pouvant
provenir de propriétés différentes, mais d'une même
appellation. Le négociant fait un assemblage et une
"marque" avec des lots venant de propriétés différentes. |
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Le soutirage,
c'est quoi ? |
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L'opération de
soutirage sert à séparer le vin des lies indésirables. Le
vin est transféré dans une autre barrique. Il faut ensuite
nettoyer la première barrique, la mécher avec du soufre
pour l'aseptiser. C'est une opération gourmande en main
d'oeuvre et en place. Cela se passe dans le chai à
barriques. |
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Quelle
est la différence entre "cuvuer" et "chai" ? |
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A Bordeaux, la
distinction est claire. Le cuvier est le bâtiment qui
abrite les cuves de vinification. Le chai est la
construction destinée aux barriques pour l'élevage.
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L'ouillage, c'est quoi ? |
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Le bois de la
barrique "boit" du vin. Une poche d'oxygène peut se former
et entraîner une oxydation. Il faut remplir la barrique
toutes les semaines. Cette opération porte le nom
d'ouillage qui vient d'oeil. Le remplissage se fait par la
bonde, le trou circulaire, l'oeil, à la partie haute de la
barrique. |
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Quel est l'avenir du vin ? |
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La
question ne concerne pas l'économie du vin mais son
avenir physico-chimique. "L'avenir du vin, c'est le
vinaigre", le vin s'oxygène, les bactéries acétiques
se développent, il se transforme en vinaigre. Dans
l'antiquité, pour le conserver, addition d'épices, de
résine de pin (le "résiné" en Grèce). Les Romains sont
les premiers à avoir le mieux maîtrisé le vin.
Le
problème du vin est donc l’oxygène, il pique, il faut
aller vite, il ne faut pas laisser une cuve en
vidange. |
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Le collage, c'est quoi ? |
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Le collage est
une opération qui sert à clarifier le vin. Il s'effectue
en cuve pour 98% du bordelais. Le collage par introduction
de blanc d'oeuf frais directement dans la barrique se
pratique dans les grands crus. C'est peut être un peu
mieux car le contenant est petit.
On ne sait pas
comment comment le procédé a été trouvé au 16ème siècle.
On explique maintenant que l’albumine d’œuf, formée de
molécules chargées positivement attirent les impuretés
chargées négativement (phénomène électrostatique). Ces
particules sont ensuite entraînées vers le bas de la
barrique ou de la cuve.
On compte
quatre blancs d’œuf par barrique, certains ajoutent un
jaune et une pincée de sel. Le collage prend 3 à 4
semaines en barriques et 40 jours en cuves.
Le vin est
ensuite prêt pour sa mise en bouteilles. |
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Qui a inventé le tonneau ? |
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Les Gaulois
évidemment ou plus précisément les Celtes qui l’ont
inventé pour la bière. La bière a précédé le vin. En
Mésopotamie, elle permettait de traiter le problème de
conservation des céréales et d’eau de qualité. Dans
l’antiquité, dans le monde méditerranéen, on utilise des
amphores.
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La bonde, c'est quoi ? |
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C’est
le trou en haut du tonneau. |
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Pourquoi à Bordeaux, les tonneaux apparaissent dans les
chais comme peints en rouge et blanc ? |
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A
Bordeaux, on "peint" les tonneaux au vin, contraste avec
les deux autres parties qui sont couleur bois, ce qui
donne quelque chose d’assez harmonieux dans les grands
chais, alternance de couleur bois et de rouge. En
Bourgogne, on ne peint pas les tonneaux. Quand on pratique
l’ouillage (vient de œil, la bonde, trou en haut du
tonneau, comme un œil), on en verse toujours un peu et en
Bourgogne, cela fait des taches rouges. A Bordeaux, les
taches sont absorbées dans la partie "peinte" du tonneau. |
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Tonneau ou barrique ? |
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On peut
utiliser le mot général "fût" qui désigne un contenant en
bois destiné à recevoir du vin ou de l'eau de vie. Le fût
varie d'une région à l'autre et porte même des noms
différents. Les unités servant à la mesure des vins et
alcools sont très variables en fonction des régions.
A Bordeaux, on a la barrique bordelaise dont la contenance
est de 225 litres. Le "tonneau" du Bordelais fait 900
litres (soit 4 barriques). Le tonneau bordelais est
utilisé comme unité pour les cours des vins.
En Bourgogne,
on a le tonneau ou la pièce bourguignonne qui a une
capacité de 228 litres.
Pour
l'anecdote, les bordelais se sont dans l'histoire, souvent
opposés à la limitation de leurs libertés. Les barriques
seront utilisées d'où le nom de... barricade. |
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Pourquoi une bouteille ? |
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Quelle est l'origine de la forme de la bouteille
"bordelaise" ? |
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On nous dit
qu’il y aura de plus en plus de fantaisies de ce genre
parce que, aujourd’hui, les verriers peuvent fabriquer des
bouteilles en petites séries et à un prix moindre. Le vin
est un produit de rêve, d’imagination, de représentation,
et par conséquent, l’habillage joue un rôle.
A Bordeaux, on
trouve aujourd’hui la bouteille ‘’Tradition’’ , la
bouteille "standard" et la bouteille "légère". On assiste
à un retour à la bouteille Tradition, ou bouteille lourde,
un peu plus haute, avec fond creux. En ce qui concerne la
couleur du verre, elle est de tradition verte pour les
vins rouges, cette couleur filtre les rayons UV.
Il est à noter
que la forme bordelaise n’est pas imposée. Un bon exemple
est Haut-Brion qui a sa propre bouteille. |
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Pourquoi trouve-t-on aujourd’hui deux formes principales de
bouteilles, une forme dite "bourguignonne" et une forme dite
"bordelaise" ? |
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Bouteille,
Magnum, Jéroboam,...et la suite ? |
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On a un peu de
mal au delà du magnum...bonne question entre amis...
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bouteille |
0,75 litres |
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magnum |
2 bouteilles ou 1,5 litres |
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jéroboam |
4 bouteilles ou 3,0 litres |
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réhoboam |
6 bouteilles ou 4,5 litres |
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mathusalem |
8 bouteilles ou 6,0 litres |
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salmanazar |
9 litres |
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balthazar |
12 litres |
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nabuchodonosor |
15 litres |
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Quelle
est l’origine
du bouchon de liège ? |
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L'invention du
bouchage au liège, c’est vraiment la révolution du 17ème
siècle.
A la même époque, c'est
aussi
le passage
du verre fin et clair au verre épais et sombre.
Grâce à ce moyen
de bouchage extraordinaire dont on découvre les vertus à ce
moment là et qui vient du monde méditerranéen, on peut obtenir
une très bonne conservation des vins pendant plusieurs années.
La bouteille doit
être conservée couchée pour que le vin reste en contact avec
le bouchon, cela évite une évolution trop rapide. La durée
moyenne d’un bon bouchon est de 20 à 30 ans. Le prix d'un très
bon bouchon peut atteindre 50 centimes d'euro.
Avant le bouchage au liège, il y avait le bouchage au chanvre,
à l’étoupe, mélangés à de la cire mais ce n’était pas un
bouchage très efficace et si on couchait la bouteille, le vin
risquait de couler. Ce sont les Anglais qui ont imaginé les
premiers de remplacer la cheville de bois, avec de la filasse
autour, parfois de la cire, par un bouchon de liège.
Le bouchon de liège est poreux et permet une très faible
entrée d’oxygène. Le vin va ainsi évoluer dans la bouteille,
qui est un milieu plutôt réducteur. La capsule, en étain, est
sans effet d’étanchéité. |
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